Le jeu vidéo est un art. Je considère que beaucoup de jeux l’ont démontré par le passé et continuent de le faire aujourd’hui. Mais l’un d’eux m’a profondément marqué, encore plus que tous les autres : The Elder Scrolls III: Morrowind. Cet article est le premier d’une série qui présentera des œuvres, tous medium confondus, qui sont pour moi des sources d’inspiration intarissables.

Comme son nom l’indique, Morrowind est le troisième épisode de la saga The Elder Scrolls, développée par Bethesda Softworks, un studio américain responsable de nombreux jeux à la qualité parfois inégale. Il est sorti en 2002 sur PC et Xbox et a connu deux suites : Oblivion et Skyrim. Les deux sont à mon sens d’excellents jeux, mais tiennent difficilement la comparaison avec ce troisième opus.

Un univers contemplatif

Morrowind se distingue avant tout par une direction artistique exemplaire et un univers riche, aux accents mélancoliques et poétiques. Le jeu prend place sur l’île volcanique de Vvardenfell, province des Dunmers, un peuple froid et profondément xénophobe, divisé en plusieurs Maisons Nobles qui contrôlent la vie politique du royaume. C’est une terre morne et triste, balayée par des tempêtes de cendre émanant du sinistre Mont Ecarlate.

Cette esthétique est appuyée par une bande-son composée par le très talentueux Jérémy Soule, qui contribue à faire de l’exploration de ce monde étrange une expérience unique.

L’esthétique du jeu, si elle emprunte très clairement des éléments tolkiennien très classique, démontre un exotisme rare et une grande originalité : un bestiaire fait de créatures difformes et préhistoriques, une civilisation disparue aux accents steampunk indéniables (les dwemers), une grande variété de styles architecturaux (maisons creusées dans les carapaces d’insectes géants ou à l’intérieur d’immenses champignons), sont autant de curiosités que vous pourrez rencontrer en Morrowind.

Des thématiques adultes

En plus de se départir d’une approche visuelle trop classique, Morrowind aborde par son univers et les quêtes proposées au joueur un ensemble de thématiques d’une rare maturité. Racisme, esclavage, corruption, le joueur est confronté à un monde brutal et à une ambiguïté morale permanente. Les rouages de la politique des Maisons, où assassinats et manipulations sont le quotidien de tous, le fanatisme religieux, le poids des traditions, Morrowind fait indéniablement partie des univers les plus riche, dense et complexe qu’il m’ait été donné de découvrir, tous supports confondus.

Bien sûr, le jeu accuse aujourd’hui un sérieux coup de vieux et des mécaniques parfois un peu archaïques. Pourtant, dans un genre très différent, j’ai retrouvé un peu de son rythme très lent et de son atmosphère contemplative dans le récent Red Dead Redemption 2. Après toute ces années, son influence sur mon imaginaire reste très forte et il y a beaucoup de Morrowind dans l’univers du Kalishar.