J’ai eu la chance qu’on m’offre pour Noël la réédition collector de Liavek par les éditions actuSF, un magnifique livre-objet particulièrement plaisant à lire. Il s’agit d’un recueil de nouvelles de Megan Lindholm (alias Robin Hobb), Steven Brust et Gregory Frost, toutes prenant place dans la cité portuaire de Liavek.

Imaginée par les américains Emma Bull et Will Shetterly, Liavek est un univers partagé, décliné (aux Etats-Unis) en cinq anthologies accueillant d’innombrables auteurs, dont Megan Lindholm, Gene Wolf ou encore Alan Moore et publiées entre 1985 et 1990.

On aurait pu s’attendre, étant donné la nature du projet et son contexte, à lire des nouvelles où la ville elle-même tiendrait le rôle de personnage principal mais force est de constater que ce n’est pas le cas ; Liavek occupe même une place assez secondaire, comme en filigrane, laissant la part belle aux personnages de Kaloo et Dashif. Rien d’étonnant évidemment quand on connaît un peu le travail de Robin Hobb mais j’aurais aimé en découvrir plus sur la ville. Si les nouvelles forment dans l’absolu un tout cohérent, elles pourraient laisser un goût d’inachevé lues séparément, ce qui fait du recueil un objet hybride à mi-chemin avec un roman.

Sans grande surprise, j’ai préféré les nouvelles de Robin Hobb, dont on reconnaît immédiatement la plume, malgré qu’elles aient été écrites assez tôt dans sa carrière. Ses récits se concentrent sur le personnage de Kaloo, une jeune fille mystérieuse, orpheline et qui ne connaît donc pas sa date de naissance. Ce qui pourrait sembler être un détail anodin se révèle handicapant puisqu’à Liavek, tous les habitants reçoivent chaque année, le jour de leur anniversaire, une dose de “chance”. L’idée est intéressante et amène un peu de fraîcheur sur le cliché quelque peu éculé du héros orphelin. Steven Brust livre lui aussi des histoires intéressantes, centrés autour du comte Dashif, un personnage qui demeure néanmoins un peu classique en comparaison avec Kaloo.

Liavek est une belle trouvaille des éditions actuSF. Le recueil se lit avec plaisir et l’univers mériterait vraiment d’être exploré par de nouvelles traductions françaises des anthologies parues aux Etats-Unis. Une lecture très agréable.