Critique

Une claque ! Ma critique pourrait s’arrêter là, tant cette expression résume à elle seule ce que j’ai ressenti devant ce film. Pour replacer le contexte, il faut bien comprendre une chose : j’adore les comics. Je les collectionne depuis des années et ils constituent indéniablement ma première source de lecture, devant les littératures de l’imaginaire. Le contexte étant posé, vous comprendrez aisément que j’attendais avec impatience la sortie de ce Spider-Man : Into the Spider-Verse et je n’ai pas été déçu !

Réalisé par Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman, d’après un scénario de Phil Lord et Rothman, le projet avait été développé à l’origine par le prolifique duo Christopher Miller et Phil Lord, notamment réalisateurs de l’excellent The Lego Movie. Le film suit les aventures de Miles Morales (Shameik Moore), un adolescent de Brooklyn qui après avoir été mordu par une araignée radioactive, hérite des pouvoirs de Spider-Man. En parallèle, le Kingpin (Liev Schreiber) met au point un accélérateur de particules qui provoque l’arrivée de plusieurs Spider-People venus d’univers parallèles.

UNe histoire réussie

La première grande force du film est indéniablement son scénario. Directement inspiré des comics (auxquels il fait d’innombrables références), il est original, inventif et follement généreux. Les personnages sont successivement drôles et touchants, tous respectueux de leur équivalent papier. Miles, créé en 2011 par le scénariste Brian Michael Bendis et l’illustratrice italienne Sara Pichelli, remplace en tant que protagoniste principal le traditionnel Peter Parker qui tenait l’affiche des six précédents films produits par Sony autour du super-héros emblématique de Marvel.

Le jeune afro-latino est rejoint au casting par une pléthore de personnages issus des pages de la Maison des Idées ou imaginés pour les besoins du film : Peter B. Parker, un Spider-Man plus âgé et blasé, Spider-Gwen (créée par Jason Latour et Robbi Rodriguez), Spider-Man Noir, Spider-Ham et Peni Parker, Mary Jane Watson, May Parker et bien d’autres. Chacun de ces personnages est interprété par un casting de doubleurs brillants, avec une mention spéciale à Jake Johnson qui excelle dans tous les registres avec son Peter B. Parker désabusé.

Au final, si on assiste à une énième origin story, l’écriture du film, marquée de l’empreinte de Lord et Miller, rendent l’expérience absolument unique.

roller-coaster visuel

Si le film brille par son écriture, c’est par sa direction artistique qu’il se distingue le plus. C’est bien simple : Spider-Man Into the Spider-Verse est ce que j’ai vu de mieux en terme d’animation depuis des années. À une époque où la tendance est clairement à l’uniformisation autour du modèle Disney/Pixar (du moins dans le cinéma mainstream), le film est un souffle d’air frais aux accents pop et colorés. Les 140 animateurs qui ont travaillé sur cette production se sont permis toutes les extravagances. Le film mélange avec un brio rarement égalé une infinité d’influences visuelles, de l’animation japonaise aux comic books dans lesquels il va jusqu’à piocher des bulles de dialogue utilisés comme outils de mise en scène. Le rendu est bluffant et unique, de sorte à donner une identité esthétique incomparable au métrage. 

Le travail de direction artistique du film est en plus appuyé par une bande-son soigné aux accents hip hop qui se prête à merveille au rythme effréné de l’action.

Conclusion

2018 aura été une année contrastée pour Spider-Man. Orphelin de ses deux créateurs de légende, les très regrettés Steve Ditko et Stan Lee, le tisseur aura pourtant bénéficié de ses deux meilleures adaptations en dehors du monde des comics : le jeu vidéo Spider-Man par Insomniac et donc ce Spider-Man: Into the Spider-Verse au cinéma. Bluffant, le film est une réussite à tous les niveaux et excelle dans tout ce qu’il entreprend.